Mis en scène par Robert Aldrich
Avec Bette David, Joan Crawford...

HOLLYWOOD DECHUE.

"Qu'est - il arrivé à Baby Jane?" est un des films les plus connus de Robert Aldrich à qui l'ont doit "En quatrième vitesse" et "Bronco Apache". Mais c'est aussi de ses plus réussi. Cinéma des années 60, ce film réunit deux grandes stars vieillissantes hollywoodiennes que sont Bette Davis et Joan Crawford.

Le film commence dans un cabaret où une enfant star fait ses numéros de danses et de chants avec son papa au piano. Capricieuse, voix nasillarde et boucles d'or insupportables, elle est pourtant très aimée du public. Son nom est Baby Jane. Sa soeur Blanche est jalouse de ce succès.

Plusieurs années plus tard, les deux soeurs sont devenues vieilles et bizarrement ce n'est pas Baby Jane qui est adulée aujourd'hui mais sa Blanche. Cette dernière étant devenue infirme à cause d'un accident dont on ne connaît pas la cause, est séquestrée dans une chambre à l'étage de la maison de sa soeur.

C'est un film sur beaucoup de choses et tout nous intéresse plus ou moins. La rivalité entre les deux soeurs est moins intéressantes que le personnage de Baby Jane qui sombre petit à petit dans la folie. Une folie dû à sa déchéance artistique et médiatique et au manque cruel de l'amour paternel. Bette Davis qui interprète ce rôle avec génie est stupéfiante lorsqu'elle atteint la folie morbide de son personnage. Baby Jane qui a le regard continuellement tournée vers le passé est terrifiée à l'idée de ne pas être une femme immortalisée par son talent. Une chose qu'elle jalouse férocement de sa soeur qui reçoit encore des lettres de fans endiablés.

Robert Aldrich a su saisir le corps de ses comédiennes pour rendre le film le plus âpre possible. Et au-dessus de la dualité de ces deux soeurs, se tend un fil terrifiant qu'est celui du mystère de l'accident. Qui a rendu Blanche infirme?
C'est peut-être là le principal (et unique) défaut du film. Cette intrigue importe peu. Les personnages sont tellement bien écrits et interprétés que cette intrigue au dénouement facile passe au second plan.

Ce film est d'une audace folle pour l'époque. Faire jouer deux vieilles dames, pas forcément cinégéniques, un gros, une alcoolique et tout cela sans sex symbol avec un scénario qui critique la starification hollywoodienne, est encore une valeur ajoutée à la grande réussite de ce film.