Mis en scène par Christopher Nolan
avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart...


UNE MACHINE PRESQUE ENRAILLEE.

Le voici, le film arrivé comme un messie des Etats-Unis, le nouveau volet de la saga Batman.
The Dark Night est clairement annoncé comme le film le plus sombre de cette saga. Christopher Nolan se débarrasse du scénariste du très mauvais Batman Begins et s'associe à son frère Jonathan Nolan pour l'écriture de ce long-métrage.

Terminée la psychologie de comptoir, Nolan prend l'audace de conférer à son oeuvre une dimension sociologique. En plein post 11 septembre, Gotham City ressemble étrangement à New York. Ce parti pris d'un décor très réaliste permet à l'histoire de s'encrer plus profondément dans le coeur du problème américain: le terrorisme. Batman est ici appellé "Le chevalier noir", un hors-la-loi prêt à oeuvrer pour le bien. Ce bien qui lutte éternellement contre le mal, la pègre. En soit, c'est fort et puissant. Mais le manichéisme que beaucoup disent absent dans ce film est pourtant toujours à l'oeuvre.

Le film développe deux réflexions. La première est celle transportée par le personnage du Joker. Son visage pathétique et démoniaque en dit long sur son âme tourturée. Mais ce personnage qui dit ne pas avoir de plan, en a finalement un: celui d'être le grain de sable qui va enraillé la mécanique actuelle de la société qui repose sur l'affrontement du bien et du mal. La terreur que disperse le Joker n'est pas dû à l'argent, il préfère ébranler ces "petits mondes" que l'Amérique garde en son sein. En cela le film est génial mais la réflexion retombe vite à plat comme si les auteurs étaient arriver à un stade où cette réflexion leur échappait.

Nolan se précipite donc vers une autre réflexion et une autre histoire. Balayé le Joker, Batman est en proie à faire un choix crucial. Il s'apprête à devenir un paria et à s'accuser des crimes de Harvey Dent jusqu'ici l'emblême du bien. Et le film oublie sa première idée. Il finit par ériger deux héros: Harvey Dent pour les habitants et Batman pour le spectateur. The Dark Night se conclut sur cette pensée manichéenne et choisit un héros puisqu'apparemment il en faut un à ses idiot d'habitants qui ne comprennent rien.

En réalité, cette conclusion vient confirmer l'idéologie de Batman que le film approuve, celle de "faire le ménage" ou de "karchériser" comme on dit chez nous en France.