Daniel Day-Lewis. Walt Disney Studios Motion Pictures France
Mis en scène par Paul Thomas Andersson
avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano...

DU PETRÔLE DANS LES MAINS.

Sombre est ce film qui à sa manière, parle de l'Histoire américaine. Le pétrole, cet or noir qui fait briller les plus grands hommes d'affaire et qui fait tourner le monde aujourd'hui. Le pétrole, un produit de la terre que l'homme réclame au nom de l'argent et par le sang. Paul Thomas Anderson n'est un cinéaste que j'aime particulièrement. Il lui manquait souvent une modestie. Mais ce film est une exception, audacieux et actuel.

Les vingt premières minutes, très fortes visuellement, forment une des plus belles introductions du cinéma. Crues et latentes, les images dégagent un sentiment puissant de souffrance et de solitude. Les deux étant liés dans une forme assez expressioniste. A cette introduction répond la séquence finale enfermant le film dans la folie, comme si elle était la somme de la souffrance et de la solitude du début.

"Je suis un faux prophète, Dieu est une superstition".

Une critique du pouvoir et de l'omniprésence de l'argent dans nos vies, les paradoxes submergent le film. Entré beauté et cruauté, les personnages ne savent à quel Dieu se vouer. Désorientés et contrôlés, les frontières qui les séparent de la folie s'effacent peu à peu mais avec rigueur. Le capitalisme dans sa froideur la plus totale gangrène le sort des personnages et notamment les dux qui s'affrontent tout au long du film: le pétrolier Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) et le prêtre Eli Sunday (Paul Dano). Alors que Danial Day-Lewis m'a laissé de marbre, la prestation de Paul Dano m'a, au contraire, terriblement touché. Une gueule comme on n'en invente pas, il dégage pourtant un charisme inquiétant et séduisant.